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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 17:56

 


 
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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 11:32

 

 

Pour faire suite à l'émission du 22 février sur Radio Vosstanie à propos de la lutte No MUOS, voici un message d'un camarade actuellement en Sicile :

 

 

 

Hier, Vendredi 25 avril et aujourd’hui, plusieurs personnes se sont réunies à Niscemi, en Sicile, répondant à un appel lancé par le mouvement No MUOS, dont l'activité et le nombre de militants a connu une baisse ces derniers mois.
Un des buts était de maintenir éveillée la lutte, à travers des rencontres, des réunions, et surtout la réactivation de la pratique de l'action directe.

Ainsi, hier, sous les yeux de la police italienne et de quelques soldats américains, les activistes ont découpé en plein jour les grillages de la base militaire américaine NRTF de Niscemi pour libérer un puits d'eau se trouvant à l'intérieur de la base. La police n'est intervenue qu'à la fin, au moment où les militants étaient en train de refermer le grillage de la base, laissant le puits à l'extérieur de celle-ci. Cette action, qui recouvrait surtout un caractère symbolique, a rapidement été anéantie durant la nuit, par les soldats de la marine américaine qui ont profité de l'absence d'activistes sur le terrain pour remettre en place le grillage.

Les réunions d'aujourd'hui (Samedi 25 avril), se sont appuyées sur cette action afin d'élargir les perspectives de cette lutte qui a dépassé, au moins en partie, l'objectif premier qui était celui d'empêcher la construction du MUOS (pour rappel, le montage des 3 antennes paraboliques du MUOS a été terminé fin janvier, mais le système n'est pas encore actif).
En effet, la lutte s'attaque aujourd'hui à plusieurs problématiques engendrées par le système capitaliste.
L'action pour la récupération du puits d'eau s'inscrit dans le combat d'une partie de la population sicilienne aux problématiques d'eau potable. Il faut savoir que dans la ville de Niscemi, une ville d'environ 20 000 habitants, l'eau est disponible tous les 15/20 jours, sans être forcément potable. C'est pourquoi la récupération du puits se veut une expression du refus de la population de laisser les militaires s'approprier des points d'eau alors que les civils n'en ont pas.
La solidarité théorique et pratique avec la lutte pour le droit des immigrés et pour la fermeture des centres de rétention en Sicile a été reconfirmée durant les réunions de ce week-end, qui ont vu l'intervention de plusieurs groupes actifs dans ce domaine.
De plus, la ligne antimilitariste a clairement été exprimée par la totalité des militants. Le combat contre le MUOS est donc aujourd'hui vu comme un combat contre l'armée et la militarisation des territoires ; les différentes actions directes ainsi que les communiqués vont et iront dans ce sens.
Enfin, le désir d'internationalisation de cette lutte, en multipliant, d'une part, les moyens d'information et, d'autre part, les connexions avec d'autres luttes en-dehors des frontières italiennes, est toujours très présent. D'ailleurs, l'organisation de futurs camps et rencontres au niveau international, dont les dates seront officialisées ces prochains jours, vont dans ce sens.

Ainsi, plusieurs luttes qu'on pourrait définir comme étant partielles sont menées en parallèle et élèvent le combat ainsi que la sensibilité de la population vers des objectifs plus globaux.
Cependant, la perspective de lutte des classes n'est actuellement pas abordée. Le discours anti-américain ou anti-occidental, avec le risque d'une vision du monde non pas classiste mais uniquement géopolitique, revient encore régulièrement, avec toutes les dérives de type maoïste que cela peut comporter (on peut notamment penser au communautarisme, au régionalisme ou au soutien potentiel à une bourgeoisie contre une autre).
En plus, la possibilité de solliciter les travailleurs des entreprises qui fournissent la base américaine en matériel (nourriture, eau, électricité, internet, gasoil, etc.) afin d'obtenir de leur part un sabotage de la production et, en conséquence, du fonctionnement de la base américaine semble encore ne pas retenir l'attention du mouvement.

Mais la lutte No MUOS est encore jeune et a déjà effectué une avancée remarquable en termes de réflexion et de pratique, ce qui laisse espérer des perspectives intéressantes. Les mois prochains nous diront dans quelle direction va évoluer ce mouvement qui doit continuer à grandir, l'antimilitarisme représentant une approche essentielle pouvant potentiellement permettre au mouvement de questionner les rapports de production capitaliste qui sont à la base de la militarisation croissante de l'ensemble de la planète.

 

 

 

GARAP

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 07:34

 


 
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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 13:44

 

no muos garap vosstanie 22 02 2014

Liens :

 

Vosstanie

 

GARAP

 

No MUOS

 

 

 


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 19:06

 

 

Ils ont décrété le 26 janvier 2014 « Jour de colère » et c’est comme s’ils avaient aboyé « Mets ta muselière ! », « Crève en silence ! » ou encore « Réclame qu’on t’achève ! ». Sous des apparences trompeuses, Ils défileront pour vanter ta passivité, ils scanderont à ta pacification, ils prieront pour la destruction de tes droits, l’effondrement de ton salaire, la fin des grèves, ta soumission définitive à ton manager, ta réclusion dans une mentalité identitaire, religieuse, conspirationniste. « Ils », ce sont des spécialistes historiques de la falsification du réel, qui font dire aux mots le contraire de ce qu’ils signifient, qui tentent de profiter de tes frustrations, de tes peurs, de ta colère, de ta difficulté à comprendre et à combattre le capitalisme, pour amener ta révolte à se retourner contre toi-même. « Ils », ce sont ces bouffons arrogants qui composent l’extrême-droite. Ils démarchent pour le Front National, s’agitent au Bloc Identitaire, se flagellent à Civitas, commercent à Egalité et Réconciliation, s’emballent pour M’bala M’bala… « Ils » sont bouffons, car ils servent le pouvoir de classe en te divertissant, en semant la confusion dans ton esprit. Ainsi, ils prennent part aux opérations de diversion suscitées par les gouvernements mais sont aussi chargés d’en proposer, d’en propager, en permanence au travers de l’immense dispositif spectaculaire qui maille nos existences. Ils s’esclaffent, parce qu’ils triomphent de toi, quand tu réclames la liberté d’expression pour mieux célébrer l’apogée de son atroce anéantissement par le totalitarisme nazi. Ils rient de toi, parce que tu ne reconnais pas leur inhumanité, celle commune à l’esclavagiste catholique, au SS Totenkopf, au soldat de Tsahal tueur d’enfants palestiniens, quand ils s’amusent à opposer entre-elles les victimes de ces monstres. « Ils » sont arrogants, car pour attirer ton attention, voire gagner ton adhésion, ils essayent de squatter toutes les formes d’expression potentielle de ta révolte : ils feignent de descendre à ton niveau social tout en confortant ta posture de spectateur, ils rassurent les perversions marchandes qui minent ton intimité, flattent ta paresse intellectuelle. Sur l’écran, par lequel ils s’invitent chez toi, ils jouent à l’insurrection contre de fausses cibles (les « juifs », les « homosexuels », les « illuminati », les « francs-maçons », les « financiers », les « immigrés », les « reptiliens »…). L’essentiel, pour eux et les capitalistes qu’ils servent, est que tu renonces à tes propres intérêts de classe, c'est-à-dire que tu ne t’organises pas collectivement, de façon autonome, comme tu as pu le faire déjà dans l’Histoire, pour virer ton patron, déterminer les choix de production, t’attaquer efficacement à l’Etat, abolir l’argent. En un mot, ils veulent que tu fuies l’idée d’un univers libéré de l’inégalité économique, le communisme : un futur où aucun de ces sous-fascistes n’aura évidemment sa place. Si tu doutes, analyse sérieusement « l’affaire Dieudonné ».

Comme le mal nommé « Printemps français », intervenu pour faire passer la réforme des retraites, elle a été manigancée par le Parti Socialiste pour conclure dans l’ombre médiatique son « Pacte de Responsabilité », c'est-à-dire un énième pillage en règle des travailleurs au bénéfice du MEDEF, en collaboration avec les bureaucraties syndicales. Pauvres victimes, Soral, Dieudonné et leur clique sont donc hors de cause ? Non, justement. En effet, ces produits de l’industrie du spectacle devenus agents iraniens, syriens, antisémites, ces tapins du Front National, ces communautaristes, ces religieux délirants, ces alliés objectifs de l’extrême-droite sioniste (la LDJ et le CRIF préfèrent les antisionistes antisémites aux antisionistes antiracistes, car les premiers discréditent le combat antisioniste), petits boutiquiers en ligne de la barbarie, constituent les guignols parfaits dont a présentement besoin la bourgeoisie alors qu’elle frappe durement le prolétariat. Mieux vaut que tu les suives, ce qui, comme ils le souhaitent, te fera peut-être voter Front National
(ce qui arrange toujours le PS et rassure le patronat). Ainsi, tu croiras que tu as une identité à défendre alors que celle-ci n’est plus que fantasme, dans une société où la vie de chacun ressemble de si près à celle du voisin. Cette identité culturelle, religieuse, nationale, ne t’est d’aucune aide pour abattre le coeur des problèmes titanesques de notre temps : le capitalisme. Et cela même quand ce système te colle une couleur, une race, une religion à la peau pour mieux t’opprimer. Revendiquer ces pseudo-distinctions d’origine te conformera encore plus aux desseins des dominants car elles te séparent artificiellement des prolétaires d’autres origines, et sont de potentielles sources de déchirements fratricides au nom de la différence culturelle, devenue un verni empoisonné sur la division des exploités. Dans la lancée, mieux vaut que tu penses, et le ridicule ne tue pas, qu’Israël, 42ème puissance économique du monde, est la source de tous tes maux. Ça t’évite de réfléchir à l’inutilité de ton patron, de la hiérarchie, de la marchandise. Tu pourras toujours faire des quenelles (devant ton ordinateur, sous la douche, sur ton lit de mort…) tu ne resteras, dans ce cas, qu’un crétin qui méconnaîtra pourquoi, en extirpant la valeur de sa force de travail, la bourgeoisie lui met au plus profond la plus grosse « quenelle » qu’il puisse imaginer ! « Bourgeoisie » ? Oui, et pas « juifs », ni « sionistes ». S’il existe des patrons juifs, il en est de tout aussi puissants sans confessions ou de religion catholique, musulmane, protestante, hindoue, bouddhiste... Et surtout, la religion ici n’a aucune importance, ni la nation d’ailleurs, car le capitaliste est la personnification du capital, rapport social et richesse accumulée qui, pour se valoriser, a su, depuis longtemps, se déconnecter de tout impératif moral, religieux, territorial. Les mollahs iraniens, comme les milliardaires qataris, les pétroliers texans, les maîtres français de l’UIMPP, pourraient t’en parler…D’autre part, tu restes encore idiot si tu défends le petit patron contre le gros, le premier ne cherchant qu’à devenir le second. Enfin, il est vain de distinguer la figure du bon industriel et du méchant financier ; l’un et l’autre sont interdépendants, leurs capitaux se confondant.

Ces quelques vérités en tête, regarde ces mariolles brailler leur soi-disant colère, et que vois-tu ? En fait de colère, il n’y a que de la bile croupie crachée par des résidents des beaux-quartiers, des notables provinciaux. Leurs chiards sont là aussi. Les mêmes ont cru, dans leur agitation contre le mariage gay, enfin vivre une jeunesse parce qu’ils se sont encanaillés en provoquant sans trop de risque les bleus encadrés par l’ami commissaire ou préfet. Mais les plans de carrière les aspirent déjà, car la voie de ces fils à papa est toute tracée. Ils continueront de déstructurer les vies privées de leurs exploités, conformément aux lois du business, en réclamant parallèlement l’encadrement de la masse par l’ordre moral... Des identitaires rêvent éveillés à la servilité de ces « Bonnets rouges » qui se sont livrés corps et âmes à leurs patrons, au nom du petit commerce, de l’enracinement régionaliste, du terroir éternel, ces enjolivures de la peste xénophobe, ces habits respectables de la lâcheté sociale. Quelques beaufs, certains des banlieues pauvres, piétinent en éructant un antisémitisme greffé sur un trip religieux, ethnique, une soif de prendre sa part du gâteau capitaliste, en ignorant crânement que, si elle ne fait pas d’eux des révolutionnaires, leur position dans le rapport de classe les condamne à supporter le poids du monde augmenté de leur propre ressentiment.

Ces goules du pourrissement capitaliste disparaîtront sous nos
luttes autonomes qui refleuriront, bientôt. Nos jours de colère,
devenus temps révolutionnaires, feront regretter aux sousfascistes
de toutes sortes, l’emploi de formules qu’ils feraient
mieux de méditer pour se préparer des fuites réussies.

 

Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 21:58

 

6 janvier 2014

 

 

En déclarant étudier des voies juridiques pour interdire les réunions publiques de Dieudonné, Valls a finalement offert un joli cadeau de Noël au tribun antisémite. Ainsi, pendant des jours, le ministère de l’intérieur a finalement contribué à lui faire de la publicité. Celui, pour qui l’antisémitisme est aussi un marché juteux, avec des revenus estimés à cent mille euros par mois, n’a jamais autant fait parler de lui. Très vite, le FN, par la voix de son vice-président Florian Philippot, s’est empressé d’apporter son soutien au professionnel de l’antisémitisme. Il serait presque risible de voir l’extrême-droite, celle qui veut interdire toute expression libre des syndicats, des associations de sans-papiers, des films ou des pièces de théâtre jugés blasphématoires, etc., se mettre à parler de défense de la liberté d’expression !

Les propos de Dieudonné sont à vomir, et ce n’est pas nouveau. Depuis des années déjà, l’ancien bouffon est devenu un propagandiste de la haine raciste, copinant avec tout le milieu néo-nazi et néo-fasciste qui existe en France, du millionnaire Le Pen au présentateur télé raté Soral, en passant par le négationniste Faurisson ou le néo-fasciste Serge Ayoub. Au delà des frontières, on le retrouve accueilli par Amadinejad à Téhéran, pays où, faut-il le rappeler, les opposants sont torturés, enfermés et exécutés, sans que cela n’émeuve le moins du monde les nouveaux défenseurs de la « liberté d’expression ».

En politique, les mots ont toujours pour but de se transformer en actes. Lorsque l’on appelle à la haine, à la discrimination ou même au génocide contre une partie de l’humanité sous prétexte de ses origines, de sa couleur de peau ou de sa nationalité, ce n’est pas de la simple provocation verbale, c’est pour que ces appels se transforment en réalité. Et force est de constater que dans cette France de 2013, on est déjà passé des discours aux violences racistes. C’est quasiment tous les jours que l’on apprend une nouvelle agression raciste, la profanation d’une mosquée, d’une synagogue, ou d’un cimetière juif ou musulman, et on a même pu assister à des scènes dignes des pogroms à l’encontre des campements rroms.

Il va de soi qu’aucun communiste, qu’aucune personne ayant un minimum de sentiments humains, ne peut apporter le moindre soutien à ceux qui propagent la haine raciste, que cette haine soit dirigée contre les Juifs, les Arabes, les Rroms, les Noirs ou toute autre partie de l’humanité. Le racisme, quel qu’il soit, est abject et porte en lui les pires crimes contre l’humanité. Et rappelons qu’en appelant à la haine, les racistes ont toujours été les meilleurs défenseurs de l’ordre capitaliste.

Mais il va de soi aussi que les communistes ne peuvent apporter aucun soutien à Valls. Car l’ignominie des propos antisémites de Dieudonné ne peuvent en aucun cas nous faire oublier celle de la politique de Valls à l’encontre des sans-papiers et des Rroms. D’ailleurs, dans une sorte d’union sacrée, Valls a reçu le soutien, non seulement de Hollande, mais aussi de l’UMP, dont Christian Estrosi, maire de Nice connu pour ses déclarations racistes en particulier à l’encontre des gens du voyage. Les discours puants de Dieudonné ne sont malheureusement pas isolés, mais sont prononcés dans un contexte où le racisme s’est généralisé et banalisé, où, depuis les plus hauts sommets de l’Etat, on s’en prend aux étrangers, on valorise « l’identité nationale » et où, comme Valls, on peut déclarer que les Rroms auraient « vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ». Cet été, d’ailleurs, Gilles Bourdouleix, maire UDI, est allé jusqu’à dire, en parlant des Rroms et des gens du voyage, que « Hitler n’en a peut-être pas tué assez », propos quasiment identiques à ceux de Dieudonné lorsqu’il parle des Juifs.

L’antisémitisme et l’antitziganisme ont d’ailleurs bien des points communs. Juifs et Tziganes ont subi, depuis le Moyen-Age, les discriminations et les expulsions à travers toute l’Europe, jusqu’au génocide commis par les nazis et leurs alliés, à Buchenwald, Auschwitz, Jasenovac, en Transnistrie et ailleurs. En Europe, à chaque vague de nationalisme et de racisme, à chaque fois que l’on commence à s’en prendre aux « immigrés » (qui sont parfois des petits-enfants ou même arrière petits-enfants d’immigrés), à chaque fois que l’on se lance dans une division entre « nationaux » et « non-nationaux », le Juif comme le Rrom, même si leur famille est installée depuis des siècles dans le même village, risquent d’être désignés comme « étranger ». La lutte contre le racisme ne se divise pas. A chaque fois que l’on tolère les appels à la haine raciste contre un groupe d’êtres humains, c’est l’ensemble de l’humanité qui est touchée.

Que nous disions « mein Schatz » ou « Habibi » à ceux qui nous sont chers, que nous chantions des berceuses en chinois, en yiddish ou en peul à nos enfants, que nos ancêtres soient enterrés dans les montagnes d’Anatolie ou les plaines de Pologne, nous subissons les mêmes conditions de travail, les mêmes bas salaires et les mêmes politiques anti-sociales. Le chauvinisme, le nationalisme et le racisme ont toujours été des poisons mortels pour le monde du travail, divisant ses rangs alors qu’il est de plus en plus indispensable d’être unis pour faire face aux attaques du patronat et du gouvernement, et cherchant à nous faire croire que nous aurions quelque chose en commun avec ceux qui nous exploitent.

Dans le contexte actuel de racisme qui prospère sur fond de crise économique, il est plus que temps de nous mobiliser tant contre les démagogues d’extrême-droite, qu’il s’agisse des Le Pen, Dieudonné et autres néo-fascistes, que contre le racisme d’État.

 

 

 

 

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 07:29

 

 

Dorénavant les brasseurs n'utiliseront rien d'autre que du malt, du houblon, et de
l'eau. Ces mêmes brasseurs n'ajouteront rien d'autre lors de la vente ou de la
manipulation de la bière, sous peine de mort.

-PURETE DE LA BIERE ET EUGENISME. Lois de Bayers-Landshut

Pendant que les Monastères commercialisaient la bière et que l'État-nation en
profitait, une sororité secrète de brasseuses survivait dans les villages paysans,
préparant des boissons étranges et miraculeuses pour les pauvres et les excluEs
de la société médiévale. Ces « sorcières » fermentaient des baies de genièvre, de
l'épine noire, de l'anis, du millefeuille, du romarin, de l'absinthe, des racines de
pin, de la belladone – chaque plante ayant des effets uniques et puissants.
Par exemple, là où les boissons à base de houblon agissaient comme des
sédatifs, beaucoup d'autres boissons fermentées guérissaient les malades,
calmaient les coléreux, et donnaient de l'espoir aux désespéréEs. Les
paysanNEs se rassemblaient dans leurs villages et buvaient les boissons sacrées
fermentées avec de la levure que leurs grand-mères leur avaient transmis de
génération en génération. Lorsque ces personnes s'associèrent et consommèrent
ces boissons sauvages et variées, tous les avilissements que les prêtres et les
rois leur faisaient subir leur vinrent à leur esprit, et elles se révoltèrent contre
leurs dirigeants.

Comme ces révoltes étaient fréquentes et féroces dans le Saint Empire Romain
Germanique, la noblesse Allemande conspira à détruire la culture qui les
nourrissait. Le duc de Bavière, Wilhelm IV, fit passer la Loi sur la Pureté de la
Bière, pour écraser toute tentative de fermentation subversive. Après 1516, la
bière devait être brassée uniquement avec le houblon sédatif, dorénavant
l'alcool fut homogénéisé, et toute technologie de brassage médicinal ou
restauratrice fut perdue. Les brassages à base de houblon provoquent un
manque de coordination, une incapacité à penser clairement, et à la longue une
mort lente – qualités qui rendraient les paysanNEs AllemandEs et les
travailleurEUSEs précaires contemporainEs incapables de se révolter.

Les femmes qui avaient autrefois été les brasseuses respectées des villages
paysans furent chassées et brûlées vives pour « sorcellerie de brassage ». À ce
jour, les sorcières sont rarement imaginées sans leur chaudron de brassage. Les
immolations de sorcières pour brassage hérétique continuèrent jusqu'en 1519.
Avec ce massacre, les derniers centres de brassage indépendants et créatifs
furent détruits, et les femmes furent prostrées devant le Dieu ivre des moines
réprimés et des maîtres-brasseurs avares. Par le biais de l'alcool, les gens du
peuple furent soumis, et ce que l'on pouvait appeler la vie dans le Moyen-Age
devint bref, désagréable, brutal et – avant tout – alcoolisé.

 

 

 

===> source

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 06:37

 

 

 

Olivier Luminet


On les appelle « idées noires », « obsessions » ou encore « ruminations ». Elles surviennent souvent après un choc émotionnel. Elles hantent l'esprit pendant des jours ou des mois. Comment s'expliquent l'irruption de ces idées fixes dans notre vie quotidienne ? Comment y faire face ? De nombreuses recherches et théories psychologiques tentent de répondre à ces questions.

 

Chacun a fait cette expérience. Cela survient après une grave dispute avec un collègue de travail ou un membre de sa famille. Le conflit est violent et la rupture brutale. Durant les jours et les nuits qui suivent, notre esprit est envahi par cette histoire. On a du mal à se concentrer sur son travail, à trouver le sommeil. Les mêmes idées reviennent en boucle à l'esprit : la scène de la dispute, le visage de notre interlocuteur, les réponses que l'on aurait aimé faire, les conséquences de cette rupture, etc.

Voilà un exemple de ce que l'on appelle couramment les « idées noires ». Les psychologues parlent quant à eux de « rumination mentale ». Celle-ci survient dans la vie quotidienne de chacun d'entre nous, avant de s'estomper rapidement. Elle prend une tournure dramatique, envahissante chez les personnes qui ont subi un choc traumatique, chez les dépressifs ou encore chez les personnes atteintes troubles obsessionnels compulsifs (Toc).

La rumination mentale a suscité toute une série de questions chez les psychologues. Comment se développe-t-elle ? Un événement traumatisant est-il nécessaire ou peut-elle surgir de façon endogène, sans raison apparente ? Peut-on contrôler son apparition ou survient-elle toujours à des moments impromptus ? Est-elle liée à certains troubles cliniques (troubles obsessionnels, dépression, stress posttraumatique) ou concerne-t-elle l'ensemble de la population ?

L'individu face aux émotions extrêmes

Dans les jours qui suivent un événement traumatique ? une agression pour vol par exemple ?, la personne est souvent en proie à des pensées obsédantes qui viennent la tourmenter. Elle se repasse indéfiniment la scène, imagine ce qu'il aurait pu ou dû faire, se reproche de ne pas avoir réagi autrement, etc.

Le psychologue Mardi J. Horowitz (1), spécialiste des états de stress posttraumatique, a été l'un des premiers à s'intéresser à ces ruminations mentales. Des pensées « intrusives » se manifestent d'abord par le retour involontaire de souvenirs liés l'événement : la victime d'un accident ne cesse de revivre les mêmes scènes ? choc, blessés, vision du sang. Un autre signe marquant de cette rumination est justement la tentative de la personne pour repousser ces pensées.

Pour M.J. Horowitz, ces pensées intrusives ne relèvent pas forcément de la pathologie, mais seraient plutôt nécessaires à l'équilibre psychologique de l'individu. Suite à un choc émotionnel intense, notre appareil mental met en place des réponses visant à une réadaptation à la vie normale. De ce point de vue, la répétition des ruminations s'expliquerait par un besoin de complétude de l'organisme. L'événement traumatisant (l'agression par exemple) se heurte à nos schémas mentaux courants, à nos routines de pensée et à nos habitudes de vie. Or, l'accident ou l'agression constitue une rupture brutale dans le cours normal des choses. Le besoin de complétude se manifeste par des tentatives répétées de mettre toute information nouvelle en adéquation avec les schémas mentaux préexistants. Tant que l'incomplétude demeure, les ruminations intrusives persistent. La tentative de rétablir une sorte d'harmonie mentale sera progressivement réalisée par un double processus. Dans les situations les moins graves, cette tentative s'effectuera par assimilation, c'est-à-dire par l'intégration des informations nouvelles dans un schéma mental préalable. Si la rupture est plus profonde, un processus d'accommodation sera nécessaire : cette fois, il s'agira de l'adaptation des schémas mentaux anciens aux informations nouvelles. Dans un cas d'agression, la victime peut tenter d'insérer progressivement le souvenir violent à son univers mental, d'ordinaire plus pacifique. Peu à peu, les souvenirs s'estompent et sont « absorbés » dans les cadres de pensée habituels. Mais si l'écart est trop grand entre la réalité et les schémas mentaux, une accommodation des schémas à la réalité nouvelle devient essentielle. Les pensées intrusives surviendront tant que la discordance entre les schémas mentaux et le souvenir de l'événement n'est pas éliminée.

M.J. Horowitz insiste sur la dynamique des ruminations au fil du temps. Après l'irruption des pensées désagréables, des processus de contrôle se mettent en place pour protéger notre appareil mental. On assiste à une oscillation régulière entre des moments de pleine conscience de la réalité de l'événement et d'autres qui se caractérisent par un déni de la réalité. Ce serait précisément cette oscillation entre moments de confrontation et ceux de périodes d'évitement (autant des lieux où s'est déroulé l'événement que des émotions associées) qui permettrait, à terme, de se remettre d'un épisode pénible de ce type. Enfin, M.J. Horowitz a montré dans des études de laboratoire que les ruminations qui surviennent dans le cas de situations traumatiques reposent sur les même mécanismes que ceux qui surviennent dans la vie quotidienne, même s'ils sont d'intensité et de fréquence plus fortes.

Un modèle sociocognitif des ruminations

Le modèle proposé par la psychologue Ronnie Janoff-Bulman comporte un certain nombre de similarités avec celui de M.J. Horowitz. La contribution majeure de cette chercheuse de l'université du Massachussetts concerne nos systèmes de croyances fondamentales que l'événement traumatique vient perturber (2). Après un accident, un licenciement, une agression, la disparition d'un proche..., notre vision du monde subit une sorte de processus d'effondrement. Trois types de « croyances de base » sont brutalement remises en cause.

La première croyance concerne la bienveillance du monde environnant. Même si beaucoup de gens pensent que le « monde extérieur » est imparfait (« trop de souffrances, d'injustices, etc. »), la plupart des gens pensent que leur monde à eux est plutôt indulgent à leur égard. Du moins, il l'était jusque-là ! Puis survient tout à coup un événement qui vient démentir cette croyance profondément ancrée en soi. La personne agressée se retrouve brutalement confrontée à un acte injuste, odieux, cruel. Le monde environnant était plutôt satisfaisant, le voilà devenu malveillant !

La deuxième croyance repose sur l'idée que le monde a du sens. Chacun pense de façon inconsciente que les événements de la vie se déroulent suivant des règles établies et aisément compréhensibles. Ainsi, se réfère-t-on implicitement à une théorie d'un monde juste selon laquelle chacun reçoit ce qu'il mérite, et que le fait d'agir d'une certaine manière entraîne l'obtention de certains résultats. Par exemple, un schéma bien ancré veut qu'une personne qui fait régulièrement de l'exercice physique a des chances de rester en bonne santé. Que cette personne contracte une grave maladie et notre croyance dans un monde cohérent et juste s'effondre.

La troisième croyance concerne sa propre valeur. Chacun croit plus ou moins à sa bonne étoile et pense qu'il « vaut » quelque chose. Le choc traumatique conduit à un brusque effondrement de l'estime de soi. Les personnes agressées, licenciées, atteintes d'une maladie voient leur estime de soi chuter.

Reprenons l'exemple de l'agression. Les trois croyances de base apparaissent soudain comme caduques : « Le monde qui m'entoure est hostile, injuste, insensé et je ne vaux plus rien. » Cette invalidation signale la perturbation profonde des systèmes de référence de l'individu, ainsi que la nécessité d'un traitement actif de l'information émotionnelle afin de les reconstruire progressivement.

Le modèle de R. Janoff-Bulman postule, tout comme celui de M.J. Horowitz, que l'alternance régulière entre confrontation et évitement constitue une condition nécessaire pour l'adaptation. Chaque nouveau rappel de l'événement permettrait une réduction de l'intensité des émotions désagréables associées par une extinction progressive de la réponse émotionnelle : une habituation en quelque sorte. Le but ultime de ce traitement de l'émotion est d'inclure peu à peu l'événement traumatique dans un nouvel univers de croyances. Certains facteurs exerceraient un rôle de facilitateur en vue d'accélérer l'adaptation. Par exemple, le support émotionnel de l'entourage permet à l'individu traumatisé de démentir sa nouvelle croyance d'un monde malveillant. Enfin, R Janoff-Bulman montre l'utilité d'un processus de recherche de sens dans lequel l'individu tente de comprendre les raisons pour lesquelles il a ressenti personnellement certains états émotionnels survenus après un événement particulier.

Idées fixes et idées noires

Les pensées intrusives sont caractéristiques de certains troubles obsessionnels. Ainsi, la personne qui se demande si elle a bien fermé la porte de sa maison et revient vérifier, non pas une, comme nous le faisons parfois, mais cinq, dix ou vingt fois d'affilée ! Dès qu'elle s'éloigne à nouveau de son domicile, le doute, l'angoisse l'envahit. Seule une nouvelle vérification lui permet de calmer ? temporairement ? son inquiétude. Dans certains cas, les pensées intrusives ont des fonctions conjuratoires. Certaines personnes souffrant de troubles obsessionnels sont envahies par des idées bizarres du type : « Si je compte par multiples de deux le plus longtemps possible, alors je réussirai mon examen d'embauche. »

Le psychologue canadien Stanley Rachman (3) a mené des enquêtes sur la nature de ces ruminations. Il apparaît que les pensées intrusives ne sont pas le propre des patients atteints de troubles obsessionnels. Chacun d'entre nous peut en connaître régulièrement. On considère aujourd'hui qu'au moins 80 % de la population générale présentent des obsessions dont les contenus sont semblables à celui des patients atteints de troubles obsessionnels. Par contre, les ruminations intrusives sont beaucoup plus fréquentes et intenses dans les cas pathologiques. De plus, les sujets obsessionnels ont beaucoup plus de mal à écarter ces idées que les autres. Ils sont plus perturbés par leur apparition et tentent plus souvent, en vain, de les supprimer mentalement.

S.J. Rachman s'est particulièrement intéressé aux types de réponse mis en place pour affronter des ruminations. Certaines réactions conduisent au maintien voire au renforcement de la fréquence des ruminations. Il en va ainsi des « métacognitions » que certains patients développent à propos de leurs troubles. Face à l'irruption d'une idée obsédante, le patient se met en colère ou se désespère. Il ne réagit plus simplement à l'événement émotionnel, mais à l'apparition de ses pensées. Selon S.J. Rachman, les métacognitions constituent un bon prédicteur de la persistance des pensées intrusives. Plus les réactions émotionnelles (colère, tristesse) sont intenses à l'apparition de ces pensées, plus ces dernières seront difficiles à écarter de notre esprit.

Des études à propos des effets de l'humeur sur le rappel offrent une explication à ce résultat. Elles indiquent qu'un état dépressif diminue fortement la capacité de l'individu à récupérer du matériel émotionnel positif et, dans le même temps, facilite le rappel d'épisodes négatifs. Par conséquent, le développement d'un état de détresse émotionnelle contribuerait au rappel et au maintien de la rumination mentale des événements négatifs.

La rumination a-t-elle un genre ?

La dépression constitue un autre champ important de la recherche sur les ruminations (4). On sait que la fréquence des dépressions est deux fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes.

Selon Susan Nolen-Hoeksema, cette différence pourrait s'expliquer par une stratégie mentale plus spécifique aux femmes, face à un état de stress, un choc émotionnel ou une humeur dysphorique. Lorsqu'une personne est en proie à ses tourments intérieurs, un premier mode de réponse possible est celui de la distraction. Il ne s'agit de rien d'autre que se « changer les idées » par une activité récréative (sport, cinéma, discussion entre amis). La seconde réponse est celle de la rumination, qui consiste à se préoccuper des symptômes, des causes et des conséquences de son état dépressif (« J'ai l'impression d'avoir l'estomac noué, est-ce grave ? », « Pourquoi ai-je tellement envie de pleurer ? »...). Or, de nombreuses données montrent que les femmes s'engagent plus volontiers dans des activités de rumination, alors que les hommes choisissent plutôt une stratégie de distraction (5). Ce choix préférentiel pour les réponses ruminatives constituerait l'explication de la prévalence de la dépression chez les femmes. Une réponse ruminative contribuerait à maintenir voire renforcer l'état dépressif initial.

S. Nolen-Hoeksema a pu étayer son hypothèse à la fois par des études en laboratoire et par des études prospectives sur le terrain. Ainsi dans une étude, le hasard a voulu qu'elle ait interrogé un groupe d'étudiants deux semaines avant un tremblement de terre spectaculaire en Californie. Les étudiants avaient rempli des questionnaires sur leur niveau de dépression, ainsi que sur leur manière de réagir à l'apparition d'états dépressifs (réponse ruminative vs réponse distractive). Ce groupe fut réexaminé dix jours après le cataclysme, puis une nouvelle fois sept semaines après. Quatre facteurs étaient supposés affecter le niveau de dépression : la dépression initiale, le niveau de stress objectif (c'est-à-dire mesuré par des observateurs extérieurs), la fréquence de réponses ruminatives et celle de réponses distractives. Les résultats ont montré que seul le style de réponse ruminatif après le séisme prédisait le niveau de dépression à court et à moyen terme.

La plupart des modèles s'accordent pour considérer que l'intensité des ruminations reflète la profondeur du traitement émotionnel, et que si ces ruminations persistent à long terme, elles traduisent une adaptation déficiente. Certains insistent sur la dynamique temporelle d'un cycle de réponses dans lequel la confrontation, notamment sous forme de rumination, alterne avec des phases d'évitement. La rumination se développe de façon involontaire ou de façon volontaire. C'est une piste importante pour leur contrôle.




Olivier Luminet

 

Docteur en psychologie, chercheur au Fonds national belge de la recherche scientifique, il enseigne la psychologie des émotions à l'université libre de Bruxelles et à l'université de Liège. Il a notamment publié Psychologie des émotions. Confrontation et évitement, De Boeck, 2002.





Peut-on se débarrasser de ses mauvaises pensées ?

 

Les tentatives courantes pour éliminer les « pensées intrusives » sont souvent vouées à l'échec. Plus on cherche à les écarter, plus elles se manifestent. Il vaut donc mieux chercher à les dompter qu'à les supprimer.

« Evitez de penser à un ours blanc ! » Voilà le type d'injonction impossible à respecter, car il suffit de vouloir écarter une image de l'esprit pour qu'elle s'impose à nous. Les « pensées interdites » touchent particulièrement le déviant sexuel qui cherche à se débarrasser de ses fantasmes, ou le boulimique qui voudrait chasser de son esprit les tranches de jambon qui l'attendent dans le réfrigérateur. Les personnes atteintes de troubles obsessionnels compulsifs (toc) vivent aussi cela. D'autres circonstances suscitent aussi des pensées intrusives : chagrin d'amour, conflit personnel... On souhaiterait pouvoir rejeter l'image obsédante qui vous poursuit et vous hante. Daniel Wegner, professeur à l'université de Virginie, mène depuis le milieu des années 1980 des études sur ces pensées intrusives et sur les stratégies adoptées pour s'en défaire, la plus courante étant la distraction (« il faut que je me change les idées »). En général, le changement d'air, de cadre habituel évite leur perpétuel retour. La méthode marche, mais de manière coûteuse car supposant de s'investir dans une multitude d'activités. Et les résultat ne sont que provisoires. Dès que la distraction prend fin, les « mauvaises pensées » reviennent au galop.

L'effet de rebond

Les travaux de D. Wegner montrent même l'existence d'un « effet de rebond ». Après une période d'effacement relatif, les idées intrusives reviennent en force. Cet effet de rebond repose notamment sur un mécanisme pervers. La tentative de refoulement volontaire crée une sorte de focalisation de l'esprit sur les idées à écarter. Comme pour l'image de l'ours blanc, plus on veut éviter ces idées, plus elle sont prégnantes. D. Wegner suggère donc une autre stratégie pour se défaire des pensées intrusives : plutôt que de chercher à les éliminer, il vaux mieux essayer de les contrôler, les dompter plutôt que les supprimer. De même, il semble plus efficace de se focaliser sur un seul « distracteur », qui occupe plus efficacement l'esprit que plusieurs. Prenez un livre ou consacrez-vous à votre collection de papillons, plutôt que d'aller au cinéma avec des amis.

Les études de D. Wegner ont donné lieu à de nombreux débats et recherches chez les psychologues pour savoir si l'effet de rebond et ses stratégies pour l'éviter s'appliquaient bien à des pensées à forte charge émotionnelles. Les résultats sont plutôt contrastés. Ce qui signifie que les plaies de l'âme mettent, de toute façon, longtemps à cicatriser.


Jean-François Dortier





NOTES
1

M.J. Horowitz, Stress Response Syndromes. Personality styles and interventions, 1976, 4e éd. Jason Aronson, 2001.

2

R. Jannoff-Bulman, Shattered Assumptions. Towards a new psychology of trauma, Free Press, 1992.

3

S.J. Rachman, Fear and Courage, 1978, 2e éd. W.H. Freeman, 1990.

4

Voir C. Papageorgiou et A. Wells, Depressive Rumination. Nature, theory and treatment, John Wiley, 2004.

5

S. Nolen-Hoeksema, « Gender differences in depression », in I.H. Gotlib et C.L. Hammen (dir.), Handbook of Depression, Guilford Press, 2002.

 

 

 

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 20:37

 

Publié le 9 septembre 2013
par Reflexes

 

Lorsque la police interroge Serge « Batskin » Ayoub, peu après l’arrestation des agresseurs de Clément Méric, le jeune antifasciste assassiné le 5 juin à Paris, il prétend ne rien savoir des personnes interpellées, en particulier du responsable du coup mortel, Esteban Morillo. Pourtant, ce dernier est membre de son organisation, Troisième Voie, qui ne compte que quelques dizaines de militants. Pourtant, une photo de groupe montre Ayoub et Morillo posant fièrement côte à côte. Pourtant, lors de la manifestation organisée par Serge Ayoub le 13 mai 2013, moins d’un mois avant l’assassinat de Clément, Morillo est en première ligne du cortège de Troisième Voie (TV), portant fièrement le drapeau de l’organisation. Devant l’évidence, Ayoub a bien été forcé de finalement reconnaître du bout des lèvres avoir croisé ici ou là Morillo… Et ce faisant, une fois encore, non seulement il ne dit pas la vérité, mais il ment effrontément : car Serge Ayoub, au contraire, connait très bien Esteban Morillo, à l’instar d’autres membres de TV.

Au mois de juillet 2012, les Éditions du Salut Public, une association loi 1901, est déposée en préfecture. Ses deux membres fondateurs sont Serge Ayoub et Delphine Ferry [1], qu’on suppose très proches puisqu’ils partagent la même adresse à Meudon, dans les Hauts-de-Seine (le siège de l’association est lui au 92 rue de Javel, à Paris : c’est l’adresse du Local, le bar d’Ayoub). Pour rappel, Salut Public est le nom de la publication officielle de troisième Voie, dont l’adresse se situe 10, rue Primatice, dans le 13e arrondissement de Paris : cette adresse était celle de la boutique de disques et de fringues de « Batskin », Bad StreetShop, avant qu’il ne ferme boutique quelques mois seulement après son ouverture. Mais, si la boutique a fermé, le business, lui, continue…

En effet, Pur Impact, une EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) voit le jour en novembre 2012 : son unique associée est la même Delphine Ferry, et son siège social est… au 10, rue Primatice, à Paris. Il s’agit d’une régie publicitaire de presse professionnelle, qui va se faire une petite clientèle auprès de revues professionnelles hyperspécialisées (Tunnel et Espace souterrain pour les ingénieurs, Informations fleuristes , Le Cardiologue et le Rhumatologue , Le Défrenois pour les notaires, La Dépêche vétérinaire , Stores et fermetures , Chocolat & Confiseries …) ou s’adressant aux plus riches d’entre nous, comme la revue Présidence , qui se définit comme « une source d’informations axées sur les plus belles créations du luxe et de l’élégance » et qui « vise une clientèle spécifique caractérisée par son exigence, son mode de vie international et un niveau de revenu très important. » On le voit, on est bien loin des discours prolétariens à tendance national-socialiste de Salut public : pourtant, le responsable commercial de Pur Impact n’est autre que Hugo Lesimple-Viennet [2], rédacteur en chef de Salut Public ( Serge Ayoub en est le directeur de publication).

« Hugo Lesimple en 2010 (en bas) en jeune dandy-gudard à la mode Edouard Klein, 2 ans plus tard, le même après sa reconversion chez Ayoub, rasé de prêt et saluant les nazis-skins du Picard Crew »

Peu étonnant de retrouver Delphine Ferry et Hugo Lesimple dans une même structure professionnelle (en plus de leur activisme chez TV) puisqu’ils sortent tous 2 de la même société « PLS Associés », société ayant la même activité commerciale que Pur Impact. La contradiction est encore plus flagrante dans ce cas puisque l’embauche d’Hugo en tant que commercial coïncide au moment où la société va cibler « les plus hauts revenus nets des professions libérales » afin de lancer des « packs hauts-revenus ». Cela n’empêchera pas H. Lesimple, dans son introduction à « Doctrine du solidarisme » de S. Ayoub, de déclarer « face à cette hyper-classe, le solidarisme est la doctrine des sans-culottes modernes. »

« Contact de Deplhine Ferry sur le site internet de la société « PLS Associés » avant qu’elle ne la quitte »

« La même en tête du défilé du C9M en 2010 »

Et Morillo, dans tout ça ?

Celles et ceux qui ont un peu suivi l’actualité qui a suivi la mort de Clément se rappellent peut-être qu’Esteban Morillo était non seulement un néonazi, mais également un ami des animaux (Hitler était bien végétarien…). Le 25 février 2013, il fonde avec… Delphine Ferry (qui habite toujours à la même adresse à Meudon), Section Défense Animale, une association pour la défense des droits des animaux. Étrangement, Salut public, la revue fondée par Ayoub, rend compte des activités de Section Défense Animale dès le mois de décembre 2012, bien avant la création officielle de l’association, présentant ses militants comme « des partisans de Troisième Voie ».

« Extrait de Salut Public »

Mais c’est normal : l’association dont Morillo est le président et la revue dont Ayoub est directeur de publication partagent la même adresse, au 10, rue Primatice ! Forcément, ça crée des liens… Ainsi, si on résume, Morillo et Ayoub ont en commun :

- un engagement militant au sein d’une même organisation groupusculaire ;

- une proximité avec la même femme, Delphine Ferry, qu’ils connaissent personnellement ;

- une adresse qu’ils partagent pour leurs activités militantes.

« Dephine Ferry avec son beau Tee-shirt « Troisième Voie », avec Esteban Morillo et Samuel Dufour (le 2me inculpé et incarcéré) dans le cortège TV du 12 mai 2013 »

On pourrait imaginer que cela fait de Serge Ayoub et Esteban Morillo des amis, mais c’est mal connaître « Batskin », dont l’arrogance n’a d’égale que l’absence de loyauté à l’égard des gens qu’il fréquente. Comme il avait lâché, lors de leur procès en octobre 2000, Régis Kérhuel et Joël Giraud (deux skins originaires du Havre et membres des JNR, accusés d’avoir tué un Mauricien dans le port du Havre), son premier réflexe, une fois encore, a été de nier (de renier) ses relations avec Esteban, affirmant ne pas le connaitre, et tentant piteusement de disculper ses troupes.

Y’a pas à dire, c’est bien là l’attitude d’un véritable ami, et d’un franc camarade !



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Cet article est libre de droit, mais nous vous demandons de bien vouloir en préciser la source si vous en reprenez les infos :
REFLEXes http://reflexes.samizdat.net , contact : reflexes(a)samizdat.net

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[1] Delphine Ferry est militante parisienne de Troisième Voie depuis le début (http://fafwatch.noblogs.org/post/2012/01/11/conference-sur-les-dangers-d%E2%80%99internet-chez-serge-ayoub-la-suite/), elle est aussi dépositaire des noms de domaine 3mevoie.com et solidariste.com aujourd’hui fermés

[2] ancien du GUD des années 2009-2010 avant d’être recruter par Serge Ayoub pour TV, et également rédacteur sur le site de Riposte laïque sous le pseudonyme d’Ugo Steiger

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 15:51

 

 

 

 

 

Clément Méric était un jeune activiste de sensibilité libertaire (CNT) qui avec toute la fougue de son âge (19 ans) s’était engagé contre les injustices du système capitaliste.  Comme beaucoup de jeunes profondément révoltés par ce système, il crut qu’il suffisait de combattre les formes extrêmes visibles du capital (l’extrême droite) pour éveiller les consciences endormies. Il est mort sur le coup dans une violente bagarre avec des skinheads, secte de pure violence raciste, au sortir d’une vente privée de vêtements. Son meurtrier skinhead était  "agent de sécurité" (du capital). Sur les bouquets de fleurs qui ont été déposés rue de Caumartin, lieu où il a été tué le 5 juin, près d’une sordide poubelle du capitalisme, on pouvait lire il y a peu : «Le capitalisme endort et tue!».

 

A peine mort, Clément servait d’alibi à tous les charognards. Des groupes «antifascistes», «marxistes-léninistes», staliniens authentiques façon Mélenchon, trotskystes et Ras l’Front de tout plumage, s’emparaient de son cadavre. Dans une belle unanimité, des anarchistes au PCF, des manifestations se déroulaient pour «honorer» la mémoire de Clément, en fait pour mieux la DESHONORER.

 

Des anonymes «marxistes-léninistes», staliniens de tout horizon, appelaient dès le 6 juin à manifester «en deux lieux symboliques : métro Stalingrad et métro Barbès-Rochechouart. Stalingrad, ville symbole de la défaite du nazisme, Barbès-Rochechouart, haut lieu de la résistance antifasciste : le 21 août 1941, le premier occupant allemand est abattu par le colonel Fabien, signant ainsi l’acte fondateur de la libération de la France du nazisme, de la barbarie raciste et de l’oppression»[1]. Dans d’autres manifestations en province, les trotskystes (NPA, Lutte ouvrière) et les anarchistes officiels appelaient partout à manifester avec tous ces patriotes professionnels «contre le fascisme».

 

Ainsi Clément Méric serait mort pour l’«antifascisme»  et finalement aurait été un «patriote» qui aurait pu lutter de nouveau pour la «libération de la patrie» impérialiste française. On sait que cette «patrie française», qui unit tous les partis du capital de l’extrême droite au stalinisme, fêta dignement la « liberté retrouvée » le 8 mai 1945 par l’épouvantable massacre de Sétif, mené sous la direction du chef stalinien des FTP (Francs tireurs et partisans) Charles Tillon, ministre de l’aviation. Ce sont ces mêmes staliniens «antifascistes» qui votèrent plus tard en 1956 les pleins pouvoirs au socialiste Guy Mollet pour mener leur très patriotique et sanglante guerre coloniale d’Algérie.

 

Si Clément est une deuxième fois assassiné (moralement) par toute cette bande de répugnants patriotes antifascistes, il ne faudrait pas qu’il le soit une troisième fois, par pur indifférentisme. Certains – qui ne sont même pas conscients de leur abyssal crétinisme – ne voient dans la mort de Clément qu’un «crime apolitique», la «mort d’un bobo antifa» (lisez : «bourgeois antifasciste»)[2]. Bref, comme auraient dit leurs ancêtres staliniens de mai 1968, la «mort d’un fils à papa». A ce jeu d’instrumentalisation de l’appartenance sociologique «de classe», les jeunes nervis d’extrême droite qui ont tué Clément Méric sont gagnants. Un site fasciste genevois demande «justice» pour l’assassin Esteban Murillo, «prolétaire, fils d’immigré espagnol, vivant en Seine Saint-Denis», provoqué par «un jeune bourgeois étudiant à Science-Po»[3].

 

Et il est vrai – ce qui N’EST PAS LE CAS aujourd’hui – un vrai mouvement fasciste ne peut s’enraciner qu’en acquérant la forme d’un mouvement de masse avec une forte «base prolétarienne». Quoi de plus «prolétarien» et «plébéien» en effet que les SA dans l’Allemagne d’avant 1933 !

 

Si l’«appartenance de classe» devait être un argument, alors la contre-révolution pourrait triompher en toute tranquillité. La contre-révolution est pavée de répression sauvage menée par des ouvriers ou d’anciens ouvriers. Les «ouvriers» social-démocrates allemands Noske et Ebert, s’appuyant sur les corps francs d’extrême droite, ont assassiné Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht – sociologiquement des «bobos» (bourgeois) par leur origine sociale! – qu’ils avaient fait déjà exclure des conseils ouvriers lors de la révolution de novembre 1918.

 

N’oublions jamais la vocation première de l’antifascisme : museler, puis écraser dans le sang tout mouvement révolutionnaire prolétarien qui s’oppose à la «patrie» qu’elle soit «républicaine» ou «socialiste». Au nom de l’antifascisme, les nervis staliniens espagnols ont assassiné des milliers de prolétaires de Barcelone en mai 1937. Et c’est derrière eux que les anarchistes d’aujourd’hui appellent à manifester au nom de l’unité antifasciste !

 

Tout appel à la formation d’un «front antifasciste» est un appel direct à une alliance avec les assassins d’hier et de demain, de la gauche social-démocrate aux résidus du stalinisme à la sauce Mélenchon. Tout appel à la formation d’un « front antifasciste » avec le parti socialiste au pouvoir est un appel direct au renforcement des groupes d’extrême droite : il suffit de rappeler comment Mitterrand dans les années 1980 a sciemment favorisé le développement du Front national pour de sordides raisons électorales, et quelles passerelles REELLES existent entre ce parti et l’extrême droite, comme l’a montré récemment l’affaire Cahuzac, ce ministre escroc du budget, qui s’était fait ouvert un compte secret en Suisse avec l’aide de séides d’extrême droite.

 

Tout appel à l’ «unité antifasciste» n’est pas simplement profaner la mémoire de Clément Méric, c’est désarmer les jeunes énergies qui s’engagent pour la première fois dans une activité politique contre le capital, c’est finalement préparer la  voie qui mène aux défaites de demain, où se nouera inexorablement une sainte-alliance de toutes les forces du capital (de l’extrême droite à la gauche) contre tout mouvement de classe internationaliste.

 

Trahir la mémoire de Clément, ce serait le transformer en un martyr de «l’antifascisme»; honorer sa mémoire, c’est appeler à combattre le capitalisme quelle que soit sa forme «fasciste» et/ou «antifasciste», “marxiste-léniniste” et libérale.

 

Il y aura d’autres Clément Méric, mais ils vivront, car ils comprendront très vite qu’ils n’ont aucun intérêt à suivre la voie délétère et suicidaire de l’«antifascisme». Ils devront s’engager dans un combat de longue haleine et sans merci contre le capital, dont TOUTES les expressions politiques, qu’elles soient «fascistes», «social-démocrates», ou «staliniennes» alimentent les meutes de la contre-révolution.

 

N’oublions jamais Clément Méric, mort hélas ! trop jeune pour participer aux combats décisifs de demain!

 

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